Le passage suivant est
tiré du livre de Ralph Shallis:
Il
faut beaucoup de foi pour être athée
publié aux
éditions Farel.
Les «six
jours » de la Genèse
«Ces
quelques mots hébreux ont laissé perplexes les plus grands penseurs de
tous les siècles.
Les difficultés ont pourtant surgi parce qu’on a voulu rattacher
la phrase au texte précédent de manière à forcer le sens. On lui a généralement
attribué, il faut l’admettre, un interprétation arbitraire comme si
elle entendait : «Voilà ce que Dieu a créé en ce premier jour ».
Pourtant l’expression par elle même ne signifie rien de la
sorte. Elle indique
simplement l’intervention, à un moment donné, d’un jour composé
d’un soir et d’un matin, sans en préciser la raison.
En
général, les gens pensent encore aujourd’hui que la Bible enseigne la
création de l’univers «en six jours»; certains vont plus loin, en
ajoutant arbitrairement au mot «jour » le qualificatif sous-entendu :
«de 24 heures », qui n’est pas dans le texte.
Autrement dit, ils affirment que, selon la Bible, le cosmos entier
(ou au moins la terre) aurait été créé littéralement en 144 heures…
Après quoi, le créateur aurait eu besoin de se reposer pendant 24
heures, le «septième jour »! Beaucoup supposent, en outre, que la
Genèse fixe la date de création de l’univers à une époque récente
de six ou, au plus, de dix mille ans.
La
Genèse n'affirme pas non plus que la création de l'univers et même de
la terre ait eu lieu il y a quelques milliers d'années seulement. Au
contraire, elle précise que les cieux et la terre avaient déjà été créés
«au commencement»
(v. 1 ), avant les événements qui commencent à partir du deuxième
verset.
Des
jours géologiques ?
Parce que le mot «jour»,
dans la Bible, a plusieurs significations, y compris le sens d'une longue
période indéterminée, bien des savants en se penchant sur le texte ont
cru voir dans les «six jours» une correspondance avec les six grandes périodes
géologiques de notre planète.
Effectivement, il
existe une correspondance indiscutable entre les deux schémas. De
nombreux scientifiques chrétiens du XIXe comme de notre XXe
siècle, anglophones surtout, en ont été convaincus; je possède
plusieurs de leurs écrits, des volumes infiniment précieux. Ces livres
m'ont beaucoup aidé en particulier au cours de ma jeunesse, à formuler
des idées précises sur la Genèse.
En fait, le mot «jour »dans
la Bible a plusieurs sens. Le plus souvent, il signifie un jour «ordinaire »qui
peut toutefois être soit de 12 heures, soit de 24 heures. Il peut
cependant se référer à une longue période d'une durée indéterminée
et même infinie. Les prophètes d'Israël parlaient constamment du «jour
du Seigneur »qui comprend la notion de la fin des temps aussi bien
que celle de la vie éternelle qui caractérisera le royaume de Dieu. Ils
parlaient également du «jour » de la colère de Dieu, du «jour»du
jugement, du «jour»de la détresse, et ainsi de suite. Dans ce même
livre de la Genèse, ch. 2 v.4, le texte original hébreu parle du
«jour» de
la création, où Dieu fit les cieux et la terre. Ce «jour» n'est plus
un jour ordinaire, puisqu'il couvre la totalité des 6 jours en question
et même peut-être toute l'époque de la création, y compris celle de la
création originelle des cieux.
Nous voyons donc que
nous ne sommes pas nécessairement tenus de voir les «jours de la création
comme des jours ordinaires. Le terme est suffisamment étendu pour
admettre plus d'une interprétation et nous ne pouvons pas en vouloir à
ceux qui insistent sur l'interprétation des six jours de la Genèse comme
étant de très longues périodes préhistoriques.
D'ailleurs, les
auteurs de la Bible sont les premiers à reconnaître qu'aux yeux du Créateur
le temps peut avoir une valeur tout autre que pour nous. Moïse, dans un
poème grandiose s'adresse ainsi à Dieu : «Car
mille ans sont, à tes yeux, Comme le jour d’hier, quand il n’est
plus, Et comme une veille de la nuit..» (Psaumes
90:4 )
Pierre, l'apôtre de Jésus-Christ,
dit dans son dernier écrit : «Vous ne devez pas ignorer que, devant le
Seigneur, un jour est comme mille ans et mille ans sont comme un jour.» (2
Pierre 3 :7-12)
Il parle ensuite du «
jour de Dieu » où les cieux embrasés se fondront et la terre sera
consumée.
Il est évident que
pour les hommes qui ont écrit les différents livres composant la Bible
la notion du temps est très développée ; ils reconnaissaient que la
manière dont le Créateur conçoit le temps peut dépasser de loin les
limitations qui s'imposent à nos expériences actuelles.
En abordant la
question tellement contestée de la signification des six jours de la Genèse,
gardons au moins l'esprit ouvert et cherchons auprès du Créateur lui-même
une explication du langage qu'il emploie. Car lui-même dit : «Mes pensées
ne sont pas vos pensées... Autant les cieux sont élevés au-dessus de la
terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies et mes pensées
au-dessus de vos pensées...» (Ésaïe 55 :.9)
Ainsi, le scientifique
qui examine ce merveilleux chapitre premier de la Genèse n'a peut-être
pas tort quand il trace une comparaison entre les ères géologiques
successives et les
«jours» 1 de la création. Il y a sûrement des trésors de
connaissance à tirer de cette contemplation.
Et pourtant! Tout en
reconnaissant la véritable harmonie qui existe entre le schéma géologique
et la progression des
«six jours» de la Genèse, je propose à mon lecteur une
explication de ces «jours»
qui me paraît bien plus satisfaisante.
L'
explication des «six jours .
Aucun homme, je le répète,
n'aurait pu inventer le contenu du premier chapitre de la Genèse. Il n'y
a vraiment qu'une seule manière d'expliquer le phénomène de son
existence: c'est de conclure que Dieu l'a directement révélé à un
homme. Mais à qui, sinon au tout premier homme, Adam ?
Pourtant, comment Dieu
pouvait-il révéler à une intelligence simplement humaine -et cela au début
de l'histoire et avant le développement d'un vocabulaire complexe -la
vaste conception du processus divin de la création, sinon avec un langage
très simple et par «chapitres», c'est-à-dire par des étapes consécutives ?
Quel homme aurait pu assimiler une connaissance aussi étendue en une
seule fois ? C'est ici que nous voyons la véritable raison des six jours
de la Genèse. Chaque jour commence par cette parole:
«Dieu dit»... et ensuite il y a un soir et un matin.
Ne pouvons-nous pas
comprendre cette parole comme étant la voix de l'Éternel qui communique
à l'homme les vérités essentielles concernant ses origines ? Dieu
parle, l'homme écoute. L'homme apprend ainsi à connaître, par une série
de révélations, les vérités qu'il n'aurait pas connues autrement: il
sait maintenant que Dieu existe et qu'il est le créateur du cosmos et de
l'homme lui-même. Il est éclairé quant à ses propres origines; il
comprend déjà sa raison d'être.
Il semble évident que
Dieu ait décrit ou démontré à l'homme les processus de la création
jour après jour {pendant les six jours) et que, la nuit venue, il ait dû
arrêter pour que l'homme se repose jusqu'au lendemain où il recevrait la
prochaine révélation ou «parole».
Le fait que chaque révélation
se termine par l'expression : «Et il y eut un soir et il y eut un matin»semble
indiquer que l'homme Adam, après avoir entendu et compris la parole du Créateur,
se soit endormi. Il est même possible qu'il ait vu pendant la nuit, sous
la forme d'une vision, en spectacle panoramique, un aspect ou une étape
importante de l'œuvre créatrice de Dieu. Puis le matin, l'homme s'est réveillé.
C'est comme si Adam
nous redisait chaque fois: «Le
soir est venu et je me suis endormi; puis il a fait jour et je me suis réveillé.
Ensuite Dieu a recommencé à parler. Dieu dit... et ce jour-là j'ai
compris une nouvelle série de merveilles concernant «la création que
j'ai pu méditer jusqu'au soir.»
Par le deuxième
chapitre de la Genèse nous apprenons que Dieu s'entretenait souvent avec
l'homme. Celui-ci, dès sa création et avant qu'il ne détourne son
oreille, connaissait un dialogue quotidien avec son créateur. Nous ne
savons pas en quoi consistaient ces «conversations», les détails précieux
en ont été perdus; la race humaine, à son désavantage, n'a pas voulu
les retenir dans son souvenir; mais quoi de plus normal que de voir dans
les révélations des «six jours»un fruit précieux, l'un des rares qui
nous soit parvenu de ces entretiens primitivement accordés par Dieu à sa
créature ?
Nous savons,
cependant, que Dieu a appris à l'homme l'agriculture {ch. 2 v. 15), lui a
inculqué un sens moral {ch. 2 v. 16, 17), lui a confié les animaux {ch.
2 v. 19), lui a enseigné la pratique d'un vocabulaire {ch. 1 :5, 8, 10 et
ch. 2 v. 20), et lui a fait comprendre finalement son besoin de la femme
(ch. 2 v.18, 21-25) et le sens du mariage.
A propos de ce "dialogue
", il est intéressant de noter le fait que c'est le Créateur lui-même
qui a appris à l'homme les noms h "jour", "nuit",
"ciel", "terre", "mers".' De cette relation
d'intimité entre le Créateur et sa créature est née et s'est développée
la faculté de la parole qui a donné à l'homme son premier langage. Le
fait que le premier chapitre de la Genèse soit , exprimé en un
vocabulaire très simple n'est pas une raison pour le mépriser; au
contraire, ce même vocabulaire est en lui-même un véritable miracle! La
structure littéraire de ce récit émerveille à la fois les hommes de
science et de lettres.
Si donc l'Éternel se
rapprochait ainsi de ce premier homme, en maintenant un dialogue constant
avec lui pendant ces temps extraordinaires de son existence primitive
lorsqu'il découvrait r les merveilles du monde qui l'entouraient, quoi de
plus raisonnable que d'en conclure qu'il lui a parlé également pendant
les six jours du premier chapitre? Car qui, sinon Dieu lui-même, aurait
pu communiquer à l'homme des idées semblables?
Nous ne savons pas
sous quelle forme ces merveilleuses révélations sont parvenues à
l'homme. Nous savons seulement qu'il en a saisi le sens et nous l'a
transmis sous un aspect que nous aussi, nous pouvons comprendre: c'est une
parole divine devenue accessible à chaque être humain.
La
parole de Dieu dans ce document originel est donc à la fois un acte de création
et de révélation. Par la Bible nous comprenons que tout ce qui
existe a été créé par la parole de Dieu. «Les cieux ont été faits
par la parole de l'Éternel. Car il dit et la chose arrive ; Il ordonne et
elle existe » (Psaume 33 : 6,9)
«Toutes choses ont été
faites par elle (la parole) et rien de ce qui a été fait n'a été fait
sans elle » (Jean 1 :.2)
Ainsi la parole de
Dieu est la puissance créatrice qui est à l'origine de tout ce qui
existe. Cette même parole de Dieu devient également le moyen par lequel
le Créateur se révèle à l'être humain.
Cela reste vrai même
après la chute de l'homme, car, dans le chapitre 3 de la Genèse, nous
voyons que Dieu, à la tombée de la nuit, est venu chercher l'homme après
sa faillite et lui a de nouveau parlé en condamnant son péché et en lui
communiquant l'espoir d'un Sauveur qui le réconcilierait avec son Créateur.
La Bible tout entière n'est en somme que la
prolongation de cette parole divine, par laquelle le Créateur cherche à
rétablir le dialogue avec nous et à nous faire comprendre l'énormité
de notre faute, le danger infini auquel nous sommes confrontés et
l'unique moyen de retrouver le ciel de sa face: par son Fils, crucifié et
ressuscité.
Le
septième jour
Venons-en
à l'énigme du « septième jour » de la Genèse. A la fin du document
de la création, le texte ajoute : « Dieu acheva le septième jour son
oeuvre qu'il avait faite ; et il se reposa au septième jour de toute son
oeuvre qu'il avait faite. Dieu bénit le septième jour et il le
sanctifia, parce qu'en ce jour il se reposa de toute son oeuvre ».
Ainsi,
le texte termine avec l'affirmation que, le septième jour, Dieu « se
reposa de toute son oeuvre» (Genèse ch. 2 v. 1-4, version Segond). C'est
pourquoi il « bénit » et « sanctifia » le septième jour.
Certains
supposent que la Bible enseigne que Dieu avait besoin d'une journée entière
de repos après son œuvre de création ! Mais, dans ce cas-là, ne
faudrait-il pas conclure que, du fait que les six jours précédents
furent subdivisés en soirs et matins, Dieu avait dû également se
reposer chaque nuit avant de reprendre son œuvre le lendemain ? Un tel
raisonnement est absurde; il est la négation de la conception biblique du
Créateur.
«
Ne le sais-tu pas ? Ne l'as-tu pas appris ? C'est le Dieu d'éternité, l'Éternel,
Qui a créé les extrémités de la terre ; Il ne se fatigue point, il ne
se lasse point ; On ne peut sonder son intelligence » (Esaïe
40:28)
Penser
que l'Éternel a besoin, comme un homme, d'une nuit après chaque jour ou
d'un jour sur sept pour se remettre de ses efforts, c'est se faire une piètre
idée de celui qui est absolu dans son caractère, comme s'il était
contraint par les limitations de sa propre création. «Devant le
Seigneur, un jour est comme mille ans et mille ans sont comme un jour ».
Le Créateur, étant l'Éternel,
est situé en dehors de l'espace et du temps qui appartiennent à la
création. Il se définit par l'appellation: « Je suis celui qui suis », ou bien: « Celui qui s'appelle: Je
suis ».
Einstein,
avec sa théorie de la relativité, a bien confirmé qu'en dehors de la
matière et de l'univers, le temps et l'espace n'existent pas. Ils sont
des grandeurs relatives, liées entre elles et dépendant de l'état de la
matière. Ainsi, le «big
bang » qui serait à l'origine de l'univers doit être situé dans l'éternité.
Pourquoi
alors Dieu a-t-il sanctifié le septième jour en l'appelant le
sabbat ?
C'est
Jésus-Christ qui résout cette énigme pour nous; car il nous apprend que
«le sabbat a été fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat Il.3 Le sabbat
n'a pas été fait pour Dieu ; car Dieu n'en a pas besoin; étant lui-même
la source de toute énergie, de toute vie, il existe en lui-même, indépendamment
de la matière, du temps et de l'espace. Il a institué le sabbat au
contraire pour l'homme, pour que
l'homme puisse se reposer.
Comment
donc expliquer ce « repos»de Dieu ? Le verbe hébreu schâbath que Segond et presque toutes les versions traduisent dans ce contexte
«se reposa»ne signifie pas nécessairement le repos. Il signifie
essentiellement, comme dans la version TOB : arrêter,
cesser. Ainsi, nous pouvons mieux traduire cette phrase: " Le
septième jour Dieu cessa ou arrêta son
oeuvre».
De
même, lorsque l'auteur de la remarquable Epître aux Hébreux, dans le
Nouveau Testament (la deuxième partie de la Bible), parle du « repos»
de Dieu en ôtant ce passage de la Genèse, il emploie le verbe grec katapayô qui signifie: faire
cesser, désister, arrêter. Le substantif katapaysis signifie « repos » dans le sens d'un arrêt de travail. Le mot français" pause » vient de la même racine: paysis
( ou: pausis ) en grec
signifie justement une pause ou un arrêt: katapaysis contient la même idée mais puissamment renforcée. C'est une
expression qui contient certes la notion du repos, mais sa conception de
base est celle d'un arrêt.
Ainsi,
que ce soit par l'hébreu de la Genèse ou le grec du Nouveau Testament,
la Bible présente une idée cohérente du sens du septième jour de la création.
Le Créateur nous apprend qu'il a simplement arrêté « son oeuvre» ;
c'est-à-dire : il a cessé de faire ce qu'il avait fait pendant la
semaine. La question se pose alors : que faisait Dieu en réalité pendant
les six jours ?
En
regardant de plus près le texte dans sa langue originale, nous découvrons
un point intéressant: la traduction « oeuvre» dans ce passage ne fait
pas ressortir toute la signification du substantif me/'âkhâh.
Ce
mot
ne comporte en hébreu aucune notion
de « création ».II est
traduit de plusieurs manières dans la Bible; il peut signifier : ministère,
service, travail, affaires, occupations, acquisitions, richesses, propriété,
et même « bétail » !
Ce
terme dérive de la racine verbale./â'akh qui signifie essentiellement : " envoyer » et
aussi: « servir ». De cette même racine vient le mot masculin
ma/'âkh, qui signifie littéralement : « un envoyé, un messager » et qui est
partout traduit dans la Bible par le français « ange ». Ce
terme dérive de la racine verbale./â'akh qui signifie essentiellement : " envoyer » et
aussi: « servir ». De cette même racine vient le mot masculin
ma/'âkh, qui signifie littéralement : « un envoyé, un messager » et qui est
partout traduit dans la Bible par le français « ange ».
L'auteur
de ce texte avait le choix entre plusieurs mots hébreux signifiant «
oeuvre» , mais il a trouvé bon d'employer précisément la forme féminine,
mel'âkhâh de ce même mot pour
décrire l'activité du Créateur pendant les « six jours » de la ..Genèse.
La forme plurielle de ce terme, mal'akhôth, ressemble de très près (au point d'être écrit selon l'orthographe
primitive exactement de la même manière) à la forme mal'âkhouth qui, elle, signifie « message » ou « ordre » et surtout un message
venant de Dieu. Il me semble que la
meilleure façon de traduire ici ce terme si riche en signification serait
par le mot français: occupations.
Nous pourrions alors retraduire la phrase entière de cette manière :
septième jour, Dieu cessa ses occupations ».
Et,
puisque l'idée du «message » se trouve à la racine même l du mot
ainsi que dans ses dérivés, ne pourrions-nous pas comprendre la phrase
de la façon suivante : «Le septième jour, Dieu cessa (ou: termina) son message » ?
Quelles étaient en effet les occupations du Créateur pendant les six
jours antérieurs, sinon la transmission à sa créature du message
fondamental concernant ses origines ? Par sa parole le Créateur lui révélait que les cieux et la terre, comme l'homme
lui-même, avaient été créés et formés par cette même parole.
L'apôtre Jean, l'ami le plus intime de Jésus-Christ, s'exprime ainsi :
«Au commencement était la parole». L'homme, au début de son
existence, a été confronté à cette parole: Dieu
voulait lui faire comprendre que pour l'espèce humaine la Parole de Dieu
est l'alpha et l'oméga de son existence.
Aucun
doute, les six matins (ou six soirs) de révélations spirituelles
intenses que l'homme a connues devaient sûrement être une grosse épreuve
pour lui sur le plan physique comme sur le plan moral. Je pense qu'il a
trouvé l'expérience bouleversante. Il avait certainement besoin de
quelques heures de repos après chaque révélation et, à la fin de la série,
d'une journée entière, ne serait-ce que pour méditer ce qu'il avait
entendu (et peut-être aussi vu). Dieu a arrêté de parler, non parce que
lui-même était fatigué, mais à cause de J'homme qui ne pouvait
certainement pas assimiler davantage de connaissances à ce moment-là. Le
créateur a reconnu le besoin de sa créature et lui a accordé le temps
de se remettre de sa fatigue. comme le dit Jésus-Christ, Dieu a fait le
sabbat pour l'homme. Il sait que
notre métabolisme a besoin de se recycler chaque semaine; il sait également
que nous avons besoin de temps mis à part pour réfléchir sur sa Parole.
C'est
ainsi que l'homme a appris, dès ses origines, à mettre à part un jour
sur sept pour autre chose que ses occupations quotidiennes. Heureux le
peuple qui retient ce principe! ('est grâce à cette première page de la
Genèse que nous jouissons aujourd'hui, au moins ici en Occident, de notre
jour de repos hebdomadaire! Voyez-vous, ce chapitre de la Genèse n'est
pas une vieille histoire rébarbative et sans importance. Il détermine le
rythme de notre vie actuelle. Que ferions-nous sans notre dimanche ?
Ah!
merci, Seigneur Dieu !
Un
texte parallèle de Moïse
Comme
nous l'avons remarqué, c'est Moïse qui a conservé et nous a transmis ce
merveilleux document de la Genèse contenant les « dix
paroles» de la création. [Dans le texte, nous lisons dix
fois l'expression: Dieu dit... ]
C'est également grâce à Moïse que nous possédons les « dix
paroles» du décalogue, les commandements prononcés par l'Éternel
lui-même au mont Sinaï.[ Le terme.
décalogue. signifie: .les dix paroles .. ] Le commandement concernant
le sabbat y est accompagné d'une citation en abrégé du texte de la Genèse
(ch. 2 v. l à 4) que nousvenons d'examiner.
«
Car en six jours l'Éternel a fait les cieux, la terre, la mer , et tout
ce qui y est contenu, et il s'est reposé le septième jour: c'est
pourquoi l'Éternel a béni le jour du repos et l'a sanctifié ». (Exode
20 :11)
A
première vue, ces quelques lignes semblent contredire l'explication que
je viens de donner, comme si Dieu avait créé le cosmos entier en six
jours ordinaires. Pourtant, une étude plus sérieuse révèle qu'il n'y a
aucun conflit entre ce texte et celui de la Genèse.
Notons
en premier lieu que le verbe «créer»(en hébreu bârâ) ne s'y trouve pas. Il n'est pas dit que Dieu ait
créé les cieux et la terre en six jours.
Au
contraire, il s'agit du verbe hébreu 'assâh. Or, nous avons vu que ce dernier peut être traduit de manières très
diverses. Il a généralement le sens du verbe français " faire»;
mais, comme tout le monde le sait, " faire " veut dire beaucoup
de choses et pas nécessairement «créer». Le mot 'assâh en lui-même ne signifie pas créer. Je rappelle à mon lecteur que
l'on peut le traduire par: faire, former, façonner, travailler, préparer,
apprêter (un repas etc.), placer, établir, désigner, montrer, faire
voir, témoigner (de la bienveillance etc.)... Il suffit de donner
quelques exemples de l'emploi du verbe 'assâh :
·
-Dans Genèse chapitre 18 verset 8, nous lisons qu'Abraham plaça
devant Dieu et les deux anges qui lui sont apparus « la crème, le lait,
avec le veau qu'on avait apprêté (c'est-à-dire
qu'il avait fait cuire) »...
Or, personne ne prétendra qu'Abraham avait «créé» le veau! Le veau
existait bien avant qu'il ne le mette devant ses invités: il l'a
simplement fait préparer.
·
-Dans Genèse chapitre 27 verset 17, il est écrit que Rébecca
confia à Jacob « le mets et le pain qu'elle avait préparés » pour Isaac. Elle ne les a pas créés !
·
-Dans Genèse chapitre 19 verset 19, Lot parla à l'ange en ces
termes: « Tu as montré la
grandeur de ta miséricorde à mon égard ».
·
-Puis, dans le livre des Juges chapitre 6 verset 17, Gédéon dit
(littéralement) : «Montre-moi un
signe que tu parles avec moi.»
Si
dans ces passages le verbe 'assâh signifie
«préparer »,»désigner », «montrer », pourquoi ne le
traduirions-nous pas de la même façon dans le texte de l'Exode ?
«Car
six jours (c'est-à-dire : pendant six
jours: la préposition «en » des versions courantes n'est pas dans
l'original) l'Éternel.« prépara » ou. «désigna » ou. «montra» ('assâh)
les cieux, la terre, la mer et tout ce qui y est contenu et il a cessé
(ou: il s'est tu -hébreu: nouach) le
septième jour».
Il
est à noter que le verbe hébreu nouach que les versions traduisent ici par: «se reposer» signifie également
«cesser, arrêter ». Dans 1 Samuel 25:9 il signifie littéralement «se
taire, cesser de parler » ; il y est traduit textuellement: «ils se turent
». De même, ici, il serait légitime de penser que le Créateur, après
avoir parlé pendant six jours, se soit ensuite tu. Et si l'Éternel, tout en parlant avec l'homme, lui a fait aussi
voir, peut-être en vision pendant la nuit, la manière dont il avait créé
et formé le monde, ne serait-il pas tout à fait naturel à sa créature
d'exprimer, en un langage simple, ce qu'il a vu ? [Le vocabulaire des
premiers hommes était nécessairement restreint. Au cours des générations,
le vocabulaire s'est développé en complexité comme à l'heure actuelle..]
On dirait que la parole de l'Éternel avait permis à Adam de
saisir le processus de la création, comme s'il y avait assisté en
spectateur. Il serait donc parfaitement compréhensible qu'il décrive la
création comme une série d'actes de la part de Dieu. En disant que Dieu
a " fait " en six jours les cieux et la terre, l'homme répète
simplement les vérités qu'il a comprises pendant cette semaine
extraordinaire et retenues par la suite.
Ainsi,
ce texte bref, qui semblait à première vue contrer notre argumentation,
nous donne en fait raison. L'Éternel, pendant les 6 jours et nuits en
question a pu montrer ou révéler à Adam pria parole la vérité sur ses origines, puis il
s'est tu. Quoi de plus normal?
Conclusion
sur les «six jours»
Je
ne prétends pas que l'explication que j'ai donnée des « six jours»de
la Genèse ne présente aucune difficulté exégétique ou scientifique;
mais elle me semble conforme à la pensée de Dieu à la fois dans sa
Parole écrite et dans sa création. Elle me paraît digne de la sagesse
divine et de loin la meilleure manière de comprendre ce document si
manifestement inspiré par le Créateur. J'espère et je crois que Dieu
nous permettra de voir beaucoup plus clair à mesure que notre
connaissance de lui-même et de ses ouvrages s'approfondira. Comme je l'ai
déjà dit, le Créateur a en fait écrit deux livres: celui de la création
et celui que nous appelons la Bible. C'est par la Bible que nous parvenons
à .interpréter correctement le livre de la nature. Ce dernier a été, hélas!
abîmé par la main du grand ennemi; mais, grâce à la lumière de la
Bible, nous pouvons tout de même déchiffrer la pensée originelle de
Dieu dans sa création. Nous lisons, pour ainsi dire, dans notre main
droite sa révélation écrite dans la Bible et, dans notre main gauche,
celle qu'il a inscrite dans la création naturelle. En les comparant, je
suis confiant qu'il nous reste à découvrir des merveilles insoupçonnées.
Je
demande à mon Créateur de faire rayonner sa lumière sur mon modeste
ouvrage de manière à en corriger et effacer les imperfections et de
confirmer et développer ce qu'il peut contenir de vrai.
»